Quelles sont les missions d'un chef de projet humanitaire ?
Il a à cœur d’apporter une aide concrète aux populations qui en ont besoin grâce aux opérations menées par son ONG* : il se déplace dans les pays où conflits, guerres, séismes ou famine génèrent des problèmes humains, sanitaires et sécuritaires. La solidarité est donc une valeur forte !
Aux côtés de postes opérationnels tels que chirurgiens ou électriciens, le responsable de mission assure l’organisation et la gestion des actions. Il a soit un rôle de management d’équipe soit de coordination technique s’il dispose d’une expertise : santé, agronomie, génie civil, logistique, juridique... Il travaille avec des salariés (expatriés) ou des bénévoles de l’ONG et des personnes dépendantes d’organismes locaux.
Ses missions sont différentes selon le pays, l’ONG et le type d’intervention mais voici les principales.
Il apporte son expertise et organise les opérations :
Il analyse la situation sur les plans humanitaire, sécuritaire, politique, économique et social.
Il propose des axes stratégiques à son ONG pour développer un programme d’actions.
Il représente son organisation auprès des autorités locales du pays et des partenaires institutionnels : Banque mondiale (prêts d’argent), agence européenne Echo (protection des populations), FAO (alimentation)...
Il rédige des rapports d’activité pour informer sa hiérarchie sur l’évolution des aides.
Il pilote les programmes et encadre les équipes :
Il évalue les besoins humains pour chaque opération.
Il élabore des plans de travail, met en place des outils de suivi de projets.
Il crée la dynamique pour que la coopération entre expatriés et locaux se passe bien.
Il s’assure de la sécurité de tous.
Il assure la gestion du budget de la mission :
Il fait des demandes de financement auprès des bailleurs de fonds (personnes ou structures qui apportent un soutien financier) et leur fournit des comptes-rendus d’activité.
Il est responsable du budget d’une mission ou d’un programme.
*Une ONG (organisation non gouvernementale) est une structure indépendante qui développe des projets humanitaires dans un ou plusieurs pays et financés par des dons privés.
Quelles sont les compétences d'un chef de projet humanitaire ?
Idéalement, un·e chef·fe de projet humanitaire se montre :
engagé·e et motivé·e pour aider les autres et agir sur le terrain,
doté·e d’un grand sens des responsabilités pour porter un programme de A à Z !
disponible n’importe quand : une crise humanitaire demande d’être réactif !
diplomate pour gérer des situations délicates sur le plan humain, politique ou financier,
résistant·e au stress face aux crises complexes : il faut planifier et intervenir dans l’urgence avec sang-froid et méthode.
Au passage, réfléchis bien si (à prendre avec un peu d’humour) :
voyager et t’adapter aux autres modes de vie ne t’inspire pas : là, ça fait partie du job !
parler une langue étrangère n’est pas ton point fort : l’anglais est demandé notamment pour échanger avec les interlocuteurs internationaux,
tu es très très sensible : l’empathie est primordiale mais il faut surtout garder la distance nécessaire face à la gravité de certaines situations,
les horaires extensibles, c’est pas pour toi : l’humanitaire, ce n’est pas 9h-12h/14h-17h...
Avis Wilbi
Si tu ne te retrouves pas dans toutes ces qualités et ces compétences : c’est normal ! Laisse-toi le temps de les acquérir. Mais attention, les ONG qui recrutent cherchent des profils solides : s’engager dans l’humanitaire ne se fait pas à la légère et l’envie d’aider, parfois, ne suffit pas.
Comment devenir chef de projet humanitaire ?
Pour devenir chef de mission humanitaire, il existe plusieurs parcours de formation pour obtenir un diplôme de niveau Bac+3 minimum mais le niveau Bac+5 est conseillé. Il est souvent demandé d’avoir déjà une expérience de terrain. Beaucoup de filières peuvent amener à l’humanitaire : éducation, ingénierie de l’eau, travaux publics, médecine...
Au lycée, un Bac permettant d’avoir accès aux études supérieures est conseillé.
Bac techno
Bac général*
Avis Wilbi
*Au niveau des enseignements de spécialité, c’est à toi de voir en fonction de tes appétences et de ton projet ! Ce choix t’appartient et il se construit aussi avec des professionnels de l’orientation !
Il existe des formations de niveau Bac+3 comme :
Licence pro : chargé de projets de solidarité internationale et de de développement durable ; Gestion des organisations de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) ;
DU (diplôme universitaire) Droit et stratégie de l’action humanitaire : en 1 an après une licence
Diplôme d’école de commerce* : Diplôme de responsable opérationnel à l'international
Diplôme d’école spécialisée : Administrateur de la solidarité ; Coordinateur de projets de la solidarité internationale ; Responsable de l’environnement de travail et de la logistique humanitaire
Pour se spécialiser dans la filière humanitaire, il existe des diplômes de niveau Bac+4 comme :
Diplôme d’IEP* : Master Droits de l’Homme et Action Humanitaire
Diplôme de grandes écoles de commerce*
Diplôme d’école spécialisée : Coordonnateur de projet de solidarité internationale et locale ; Manager humanitaire ; Expert en économie solidaire
Pour accéder à des postes à plus hautes responsabilités, des formations de niveau Bac+5 :
Masters pro : Action et droits humanitaires ; Action humanitaire internationale ; Gouvernance des organisations pour le développement international
Diplôme d'école d’ingénieur* : Manager de projets internationaux
Diplôme d’école spécialisée : Manager de la solidarité internationale et de l'action sociale
*Pour intégrer les IEP, les écoles de commerce ou d’ingénieurs, il existe différents niveaux d’accès : après le Bac, après une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) ou avec un diplôme d’études supérieures. L’entrée se fait sur dossier et/ou sur concours avec une sélection plus ou moins rude.
Avis Wilbi
Commencer par des missions bénévoles et le volontariat pendant ses études, selon ses centres d’intérêt et ses compétences naissantes, est un formidable atout pour construire un projet professionnel dans ce domaine.
Recrutement et emploi : où travaille un chef de projet humanitaire ?
Il peut être salarié d’une ONG qui cherche souvent à constituer des équipes durables et fiables.
Les missions peuvent durer 1 à 2 ans et s’enchaîner.
Avis Wilbi
L’expérience professionnelle et l’engagement sont souvent attendus pour démarrer à ce poste. S’engager sur du long terme dans l’humanitaire est un choix qui se réfléchit : le retour à la normale après plusieurs années en tant qu’expatrié se prépare. Se renseigner auprès de professionnels est important !
Quel est le salaire d'un chef de projet humanitaire ?
Salaire débutant mensuel net : environ 1 500 € (environ le SMIC) .
Ces chiffres sont là pour te donner une idée car les salaires varient selon les années d’expérience, la structure, le statut, le domaine d’intervention, etc.
Chef de projet humanitaire, quelles évolutions de carrière ?
Après plusieurs années d'expérience sur le terrain, le responsable de mission humanitaire
peut choisir d’intégrer le siège de l'association pour avoir une vie et un rythme plus stable dans la mesure où il y a des postes disponibles.
Il peut être recruté par de grandes organisations internationales telles que la Croix-Rouge, Unicef, Oxfam...
Il peut aussi se reconvertir : l’expérience humanitaire permet d'acquérir des compétences transférables dans d’autres domaines.
Avis Wilbi
Echanger avec un professionnel est une bonne stratégie pour en savoir plus sur les possibilités d’évolution de carrière d’un métier.
Films, podcasts, livres...
Ici on compile quelques références en tout genre (pédagogiques, divertissantes…) autour du métier et son univers. Attention, prise du recul nécessaire (notamment sur les films et séries) car ce n’est pas toujours le reflet de la réalité voire stéréotypé… Enjoy !
Films :
Sans frontière (2003), Martin Campbell
Les chevaliers blancs (2016), Joachim Lafosse
La Cité de la joie (1992), Roland Joffé
Documentaires :
Egoïste (2020), Stéphane Santini et Géraldine André
Ici et maintenant (2020), Vincent Sabot et Zennaf Hedi
Docteur Jack (2017), Pierre-Antoine Hiroz et Benoît Lange
Les Pépites (2016), Xavier de Lausanne
Un jour comme les autres (2016), Fernando León de Aranoa
Podcasts :
Rony Brauman : militant de l’humanitaire (2021), France Culture
MSF : réfléchir avant d’agir (2018), France Culture
Les raisons de l’engagement (2018), France Culture
Livre :
Le Photographe (2010), Emmanuel Guibert, Frédéric Lemercier, Didier Lefèvre
Sites :
www.mon-vie-via.businessfrance.fr
www.new.collectif-asah.org
www.ritimo.org
www.portail-humanitaire.org
www.coordinationsud.org
www.portail-solidarite.org
www.msf.fr
www.croix-rouge.fr
www.unicef.fr
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